Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/10/2016

Le loup est revenu

Sans titre2.pngMonsieur Lapin apprend dans le journal que le Loup est revenu ! Il craint le pire quand on frappe à sa porte... Toc, toc, toc, qui est là ? Les Trois Petits Cochons, Pierre, Le Petit Chaperon Rouge, Madame Chèvre... viennent tour à tour se réfugier dans sa maison en espérant échapper à la menace du Loup.

Quatre comédiens, ce n’est pas beaucoup, pensez-vous ? Eh, bien, détrompez-vous ! Ce sont des boules d’énergie, ces quatre-là ! ils sautent, ils courent, ils chantent, ils hurlent, ils rient, ils ont peur, ils balancent des tas d’objets qui volent à travers la scène, ça n’arrête pas ! Les bambins sont fascinés et répondent avec un plaisir évident aux questions que les acteurs leur posent sans cesse. Encouragés à crier, pousser la chansonnette, voire mimer pour la bagarre finale, ils sont vraiment partie prenante du spectacle.

En prime, vous pouvez vous procurer à la sortie l’album dont est tirée cette comédie et le faire dédicacer par les comédiens. Les petits sont ravis d'avoir un livre où Le Chaperon Rouge et Monsieur Lapin leur écrivent un petit mot.

Un vrai moment de plaisir à partager avec les enfants, l’énergie et la bonne humeur de la troupe sont vraiment communicatives !

Théâtre de l'Alhambra, Paris, à partir du 18 octobre; tous les jours pendant les vacances scolaires à 15 h 30; les samedis et dimanches à 15 h 30, hors vacances scolaires

23/12/2014

La Chauve-Souris, Opéra Comique

LA-CHAUVE-SOURIS_2926434211248860526.jpg

L'opérette : a priori, pas trop ma tasse de thé, je n'y connais rien et j'en ai une image un peu datée, du vaudeville d'Au théâtre ce soir en chansons, en quelque sorte. Toutefois, j'avais vu Ciboulette et passé un excellent moment. En route donc pour l'expérience La chauve-Souris à l'Opéra Comique, sans conviction mais avec curiosité!

Je vous épargne l'argument, à le lire, tout semble très confus, alors que finalement, on suit très facilement les aventures et mésaventures des héros.

Et voilà une soirée gaie, enlevée, joyeuse, emportée par une musique légère et magique, sous la baguette du grand, très grand Marc Minkowski. Servie par une distribution impeccable - avec une mention spéciale pour Sabine Devieilhe, dans le rôle d'Adèle et à Kangmin Justin Kim, dans celui du Prince Orlofsky - cette Chauve-Souris là est un vrai bonheur. La traduction permet de se gausser, dans un esprit boulevardier de qualité, de l'actualité et de donner des résonances finalement assez intemporelles à l’œuvre.

Un bien joli spectacle pour une fin d'année pétillante!

1077617_a-lopera-comique-la-vie-parisienne-de-johann-strauss-web-tete-0204033623920_660x352p.jpg

 

22/01/2014

Le vent se lève, il faut tenter de vivre!

 

21052583_2013102415340471.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgLe dernier[1] Miyazaki, je l’attendais de pied ferme. Rompant avec la veine fantastique de ses précédents films, le maître nous livre ici la biographie romancée d’un personnage peu connu en Europe, mais qui fait partie de l’histoire du Japon, Jiro Horikosi, né en 1923. Le jeune garçon rêve d’être pilote d’avion, hélas, il est myope… Fasciné par Gianni Caproni, le fameux ingénieur en aéronautique italien, il deviendra lui-même ingénieur, pour construire des avions « aussi beaux que le vent ». Embauché par la firme Mitsubishi, il va concevoir et développer le Mitsubishi A6M1, plus connu sous le nom de Zéro Fighter, qui fera la gloire de l’armée de l’air japonaise lors de la Seconde Guerre mondiale. Le Vent se lève, il faut tenter de vivre raconte sa vie, évoquant en arrière-plan les événements tragiques de l’histoire du Japon, en ce début de siècle : le terrible séisme de Kanto et l’incendie qui s’ensuivit, dévastant une partie de Tokyo, la Grande Dépression et son cortège de misères, une épidémie de tuberculose et enfin l’entrée en guerre du Japon.

 

Et la magie opère… La magie de Miyazaki, qui sublime les images du tremblement de terre, filme les pluies diluviennes, les somptueux paysages de la campagne japonaise, les scènes de la vie quotidienne avec une virtuosité sans égale. Lorsque Jiro rêve, nous rêvons avec lui, emportés par ces avions, aussi beaux que le vent. On retrouve la fascination du cinéaste pour les objets volants, et ce regard si tendre sur l’enfant. Ses thèmes de prédilection sont là aussi, et l’antimilitarisme bien présent. L’enfant, puis le jeune homme, aspire d’abord à construire des avions pour transporter des passagers, tant pis si la folie des hommes le contraint à dessiner un chasseur. Ce personnage-là n’est habité que par ce désir, et son amour pour Nahoko, amour hélas tragique. Il est également hanté par des cauchemars, le pouvoir destructeur de ce qu’il a créé, les catastrophes et les crashs aériens qui résonnent étrangement dans un Japon meurtri par Fukushima. L’image est comme toujours sublimée par la musique de Joe Hisaishi, et le film s’achève sur une chanson très émouvante.

 

Le Vent se lève, il faut tenter de vivre sonne comme un testament, empreint d’une tristesse qui bouleverse en profondeur le spectateur. Pour autant, ne passez pas à côté de cette œuvre magistrale, où le talent de Miyazaki donne toute sa mesure !

PS : ce texte est initialement paru sur le site Place To Be.

 



[1] Les studios Ghibli ont annoncé la retraite du Maître, et cet opus est donc le dernier, dans les deux sens du terme